La cohue, toujours la même cohue, la même affluence dans le quartier marchand, devant l’étalage d’armes, de nourriture, de matières premières et tant d’autres choses. Aujourd’hui cela me laissait de marbre. Je fendis la foule rapidement, poussant ceux qui se dressaient sur mon chemin, sans faire attention aux protestations qui s’élevaient. Je poussai la porte en bois simple d’une échoppe d’un marchand qui semblait moins peuplée que les autres. Un vieil homme m’aborda de derrière son comptoir.
-Bonjour à vous jeune homme. Je peux vous aider ?
-Je pense oui. Je cherche des gants.
-Dans gants ? Hummm…
Il lissa sa barbe d’une main et regarda autour de lui rapidement, puis ses yeux se reposèrent sur moi.-Quoi comme gants ?
Là j’avais déjà mon idée. J’entrepris de lui décrire ce que je voulais, des gants en cuir ne couvrant que la première phalange et renforcés d’acier à la jointure des doigts. Il lissa une fois encore sa longue barbe et sourit en me regardant.-Je suis un simple marchand de fournitures, pas un armurier. Des gants renforcés d’acier, je sais pas si j’en ai…
Je mis ma main dans ma poche et me concentrai. Des émeraudes plus vraies que nature apparurent contre ma paume, et je les ressortis, les mettant sous le nez du marchand.-Oh je vois. Monsieur me prend par les sentiments…hummm…attendez moi là.
Il partit dans l’arrière boutique et y farfouilla un instant avant de revenir avec une paire de gants en cuir noir renforcés aux jointures. Parfaits.
-Cela vous convient-il ?
-Oui. Combien m’en demandez-vous ?
-Les pierres que vous avez sorties tout à l’heure…est-ce que je pourrais espérer…
Je souris et fit tomber les fameuses pierres sur le comptoir, ainsi qu’une trentaine de pièces qui tintèrent agréablement. C’était la moindre des choses, étant donné que les pierres n’étaient qu’illusion.
-Merci ! Merci ! Vous ne le regretterez pas mon bon monsieur.
*Moi non mais toi peut-être, vieux rapace.*
Je souris et sortis tranquillement de la salle en enfilant mes gants. Quand j’eux fait une centaine de mètres, les pierres redevinrent ce qu’elles étaient réellement : rien !
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